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Personne:Paul Dopff

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Date de naissance 24 mars 1885
Date de décès 26 octobre 1965
Métier architecte



Biographie

Architecte en chef de la ville de Strasbourg.

Il est né le 24.3.1885 à Riquewihr et décédé le 26.10.1965 à Strasbourg, fils de Gustave Dopff, viticulteur et négociant en vins et de Julie Schmidt.

Il a fait ses études aux écoles polytechniques de Karlsruhe et Munich, puis, en 1912, il est recruté par Fritz Beblo au Stadtbauamt (service d'architecture) de Strasbourg.

A Karlsruhe il reçoit l'enseignement de Friedrich Ostendorf (1871-1915), un architecte qui « rompt avec les plans compliqués de l'historicisme et procède à une simplification radicale des structures spatiales». En intégrant les idées d'Ostendorf, il est le continuateur de l'oeuvre de Beblo1. Il fut aussi l'élève à Karlsruhe de Josef Durm et de l'architecte Hermann Billing avec lequelle il travaillera dans son agence2.

Après l'expulsion de Fritz Beblo en 1919, il est le seul alsacien du service, avec Clément Dauchy, à être diplômé des écoles techniques de Karlsruhe et Munich. Moins expérimenté que son collègue, c'est d'abord Dauchy qui sera nommé architecte en chef du service de la Ville de Strasbourg. Suite à la nomination de Dauchy à l'Oeuvre-Notre-Dame, Dopff sera chargé à partir du 1er avril 1922 de la direction du service municipal d'architecture de Strasbourg3.

Il sera ensuite nommé architecte en chef de la ville de Strasbourg en 1928, directeur des services techniques en 1948, où il a coiffé un service d'architecture dirigé par Jean Muller. Il a pris sa retraite en 1954, remplacé par Georges Laforgue.

Selon François Igersheim, d'abord collaborateur de Fritz Beblo, expulsé en 1919, Dopff poursuivit, dans le style architectural, du Heimatstil, l'oeuvre de Beblo en exécutant le cimetière Nord de Strasbourg, le cimetière Sud, la suite de la Grande Percée (soit le côté pair de la rue de la Division Leclerc) (office HBM)4.

Mais il imprima sa marque à l'urbanisme strasbourgeois de l'entre-deux guerres, avec l'édification de nombreux édifices publics :4 - les bâtiments de l'Exposition coloniale agricole et industrielle au Wacken (1924), - l'Office du Travail (rue de Bouxwiller), - l'Ecole hôtelière, rue de Lucerne (actuel Collège Fustel), - l'Ecole du Stockfeld (1933-1934), - l'Ecole primaire de la Musau (1933-1934), - l'Ecole du Rhin (route du Rhin, 1937-1938).

Il fut également le maître d'oeuvre de l'Office HBM de Strasbourg, pour qui il exécuta :4 - la cité Jean Dollfus, avenue de la Forêt Noire (1924-1925), - la cité Léon Bourgeois (1925) (...), - la cité Jules Siegfried (1927-1928), route du Polygone et allée de l'Orphelinat, - les groupes d'immeubles de la place de la Bourse (1928-1930), - la cité Louis Loucheur route du Rhin (1929-1931), - la cité de la rue Ernest Lauth (1931-1932), - la cité du quai des Alpes (maisons individuelles), - la cité Georges Risler (1931-1933), - le groupe de la rue de Bâle (1932-1934), - le groupe d'habitation de la Forêt Noire à la rue de Louvain.

Novateur, il réalisera également des constructions métalliques, pour l'Office HBM, selon le procédé « Fillod », pour reloger les populations des logements démolis par la Grande Percée. Ainsi seront édifiés la cité du Marschallhoff (1932) et la cité des Canonniers (1934/36). Ces deux cités ont été démolis.

Dopff fut nommé architecte en chef de la ville en 1928, directeur des services techniques en 1948.

Après la guerre, en plus de sa fonction d'architecte en chef à la Ville, il sera également architecte en chef du MRU (Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme) de la Ville. A ce titre il co-signera les plans de plusieurs reconstructions, sans qu'il soit possible de connaître réellement son implication dans l'édification des plans. Avait-il simplement un rôle de validation des plans soumis par les architectes d'opérations ?

Il prit sa retraite en 1954, remplacé par Georges Laforgue. Au collège Vauban, ensemble scolaire, dont il construisit l'Ecole maternelle, rue de Louvain, on donna son nom4.

Une rue porte son nom, depuis 2004, dans le quartier du Neuhof.

A propos du style des réalisations de Paul Dopff : un modernisme tempéré

Il est souvent difficile de définir le style de ses réalisations, car la plupart d'entre elles ne s'inscrivent ni complètement dans le régionalisme, ni dans le mouvement moderne (toiture terrasse). L'historien Wolfgang Voigt note « des similitudes avec le style traditionaliste de l'école de Karlsruhe et [des] réminiscences néoclassiques empruntées à Friedrich Weinbrenner (1766-1826), tels que Dopff les a rencontrés au cours de ses études »5. Il a également été influencé par son professeur Friedrich Ostendorf (1871-1915) qui défendait la simplification. Pour lui le véritable but de l'architecture était la création d'espace et non de monuments architecturaux2.

Son travail a également subi l'influence de l'école de Stuttgart dont les architectes Paul Schmitthenner et Paul Bonatz furent les fondateurs et d'influent professeurs. Les réalisations de ces architectes sont épurées, sans être moderne, et s'inscrivent dans le courant Heimatschutz (régionalisme), que l'on peut rapprocher du style de Paul Dopff6.

Mais aussi : Dopff un architecte moderne

Cela dit, Dopff savait aussi faire preuve de modernisme, en s'appropriant les codes du mouvement moderne, ce fut notamment le cas pour au moins trois de ses réalisations, le bâtiment d'entrée de la Foire d'Exposition (1930), malheureusement démoli en 2017 (on a construit un pastiche à la place)7, la gare routière située devant la gare centrale (1932), également démoli (probablement dans les années 1970) et l'extension dans la cour du Lycée Fustel (1935). On retrouve dans ces réalisations les canons de l'esthétique moderne : poteaux, fenêtres en bandeaux (dans le bâtiment d'entrée de la Foire Expo), plan libre, façade libre, toiture terrasse8.

Portrait et documents d'archives

Adresses liées

Projets non réalisés

Oeuvres réalisées après avoir quitté son poste de directeur des services techniques de la ville de Strasbourg

Adresses liées

Personnes liées


Références

  1. Fritz Beblo, un architecte à Strasbourg (1903-1919), 2022, page 84
  2. a et b Wolfgang Voigt, Préserver le caractère d'une Ville : Paul Dopff und Strassbug in Metacult, 2018, page 425
  3. Nicolas Lefort, Le service municipal de Strasbourg durant l'entre-deux-guerres : rupture ou continuité ?, in Metacult, cahier n°3, juin 2015, page 45-46
  4. a b c et d Notice de François Igersheim in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne n° 48, page 5084, Voir en ligne [archive]
  5. Wolfgang Voigt in Interférences, Architecture Allemagne-France, 1800-2000, 2013, page 50
  6. Nous devons ce rapprochement à Hélène Antoni [archive], Docteur en Histoire de l'Ubanisme
  7. https://c.dna.fr/edition-de-strasbourg/2019/08/07/la-demolition-du-portail-historique-indigne-les-amis-du-vieux-strasbourg [archive] consulté le 10/04/2024
  8. Il s'agit des 5 points de l'architecture moderne
  • Wolfgang Voigt Préserver le caractère d'une ville : Paul Dopff und Strassburg in

Metacult - Strasbourg lieu d'échanges culturels entre France et Allemagne, pages 425-447

  • Nicolas Lefort, Les services d’architecture de l’État, des départements et des communes en Alsace et Lorraine après leur retour à la France : réorganisation et recrutement (1919-1939), Études de lettres, 1 | 2017, Voir en ligne [archive]
  • Paul Dopff, Travaux d'architecture (1919-1929), 1930, Catalogue des réalisations de Paul Dopff, Architecte de la ville de Strasbourg, entre 1919 et 1929. Préface de Jean Muller
  • Archives de la Ville de Strasbourg [archive], Cote 4BA7, Activité du conseil municipal et de l'administration de la Ville de Strasbourg, 1919-1935, pp675-694

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