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Adresse:Cité Gribeauval (Strasbourg)

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6, 8, 10, 12, 14, 16, 18 rue des Canonniers et 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25 rue de Gribeauval

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Date de construction 1934 à 1936
Architecte Paul Dopff
Ferdinand Fillod
Entrepreneur Eugène Belling
Maître d'ouvrage OPHBM de Strasbourg
Structure quartier

Date de démolition environ 1970

Date de construction 1972
Architecte Charles Gustave Stoskopf
Walter Oehler
Maître d'ouvrage OPHLM de Strasbourg

Date de restructuration 1990
Architecte Francis Bozzi
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Cité des Canonniers1

Date 1934 à 1936
Architecte Paul Dopff
Ferdinand Fillod
Entrepreneur Eugène Belling
Maître d'ouvrage OPHBM de Strasbourg


Construction d’un groupe de 15 immeubles d’habitation métalliques comprenant 192 logements pour asociaux.

Ces immeubles ont été construits notamment pour reloger les habitants asociaux des bâtiments qui devaient être démolis lors la 3e tranche de la Grande Percée (actuelle rue de la Première Armée).

Les immeubles étaient numérotés 2 à 72 rue Canonniers et 34, 36, 38 route du Neuhof.

La demande de construction date du 26 octobre 1934, elle a été acceptée le 29 novembre 1934.

L’ensemble a été construit pour l’Office Public d’Habitations à Bon marché (OPHBM) de Strasbourg, représenté par son directeur, M. Weeber. Les terrains sont mis à disposition par la ville de Strasbourg selon un bail emphytéotique. Ces bâtiments métalliques, préfabriqués, étaient prévus de façon temporaire pour être occupés sur une durée de 27 ans.

Sur un premier plan d’aménagement, signé Paul Dopff, daté de juillet 1934, quatre bâtiments sont projetés, libellés B, C, D, E, selon la typologie de logements. En réalité, seuls trois groupes ont été construits (le groupe D est barré sur l’un des plans). Les groupes, B, C, E, comprennent 24 logements de 4 pièces, 72 logements de 3 pièces et 96 logements de 2 pièces, répartis dans des bâtiments R+1.

Nous joignons un autre plan d’aménagement, correspondant à ce qui a été réalisé, daté de septembre 1934.

L’entrepreneur chargé de la construction est M. E. Belling, 73 route du Polygone à Strasbourg. Seuls les plans d’aménagement sont signés par l’architecte de la Ville, Paul Dopff. Les plans en élévation sont signés uniquement par M. Weeber, le directeur de l’Office HBM de Strasbourg. On peut supposer, s’agissant de construction préfabriquée, destinée à un usage temporaire, que pour des raisons d’économie, ces plans aient été fournis ou coréalisés par la « Société Anonyme des constructions métalliques Fillod ». On trouve sur les plans un tampon de l’entreprise avec la mention « Service des études », ce qui pourrait corroborer notre hypothèse. (voir les plans ci-dessous). Dans tous les cas, les plans fournis ne ressemblent pas aux réalisations de Paul Dopff.

Ces immeubles utilisent le procédé de construction métallique « Fillod », du nom de son inventeur, Ferdinand Fillod. Les parois étaient en acier, contrairement à l’autre grand constructeur de construction métallique, Jean Prouvé, qui utilisait l’aluminium2. Une publicité, ci-dessous, des « Constructions Métalliques Fillod », nous permet de dire que l'acier est de type Martin Cuivre A. C. W..

Dans les années 1930, l'acier est présent en abondance en Moselle3, d’où son usage, à cette période, pour les constructions préfabriquées. D'autre part, les coûts de construction étaient moindres du fait que les éléments pouvaient être aisément assemblés. Enfin la loi Loucheur de 1928 prévoyait la possibilité de constructions métalliques, pour construire des bâtiments économiques en grand nombre2.

Un détail intéressant nous est fourni par le Guide découverte du Neuhof, édité par la Ville, les parois métalliques étaient remplies de sable. Ces bâtiments étaient surnommés, nous supposons péjorativement, « Les Blech »4, ou « d' Bleschbille » en alsacien5.

Les travaux sont en cours en 1935, ils sont achevés le 27/05/1936.

D'autres constructions métalliques similaires seront réalisées à la même période rue de la Klebsau (à l'emplacement de l'actuel Cité Reuss), portant à 300 le nombre de logements de ce type dans le quartier4.

Plan d'aménagement

Plans et documents d'archives

Démolition1

Date environ 1970

Dès février 1937, soit à peine un an après leur achèvement, on trouve un courrier d’un médecin de l’Office Municipal d’Hygiène, relevant d’importants problèmes d’humidité dans certains logements (les murs suinteraient en tout temps). On note aussi dans ce courrier une sur-occupation de certains logements (6 personnes ou même plus dans une même chambre). Il est difficile d’établir d’après ce courrier si ces constructions métalliques avaient de réels problèmes de conception, ou si leur usage n’était pas adapté, le médecin note sans que cela soit sa spécialité « ‘’des fautes de construction semblent se relever, qui demandent à être sérieusement examinées dans le but d’y remédier tant que possible’’ ».

Une visite en mars 1937 avec des personnes plus compétentes, accompagnées du directeur de l’Office, M. Weeber, font un rapport dans lequel elles relèvent plutôt des problèmes d’aération. Ces constructions métalliques demandent une bonne ventilation pour éviter les désagréments relevés par le médecin et les occupants.

Dans un courrier du 26 juin 1968, l’Office note l’état de vétusté avancé des constructions métalliques. A cette période, les bâtiments sont encore partiellement occupés, on apprend dans ce courrier que la période de guerre 1939/45 n’a pas permis un entretien normal des constructions provisoires.

L’Office demande dans ce courrier adressé à la Communauté Urbaine de Strasbourg (CUS), d’établir un arrêté de péril sur ces constructions en vue d’y réaliser de nouvelles constructions HLM.

Des experts de la Police du Bâtiment sont envoyés sur place dès juillet 1968, ils relèvent l’état de vétusté très avancé, mais les constructions ne menacent pas de s’effondrer. L’arrêté de péril ne serait donc pas nécessaire.

Notons qu’après l’expiration du bail emphytéotique (du 1er janvier 1936 au 31 décembre 1962), la Ville est redevenue propriétaire de la parcelle et des bâtiments qui se trouvent dessus. En pratique, c’est l’Office qui continue à gérer les bâtiments mais c’est bien la Ville qui est propriétaire depuis le 1er janvier 1963, créant ainsi une situation assez complexe.

Pour des raisons juridiques (la Ville ne peut pas prendre un arrêté de péril pour des bâtiments dont elle est propriétaire), mais aussi parce que cela n’était plus nécessaire, l’Office HLM renonce à sa demande d’arrêté de péril. La démolition peut donc avoir avoir lieu après relogement des occupants par l’Office.

Les bâtiments sont démolis au début des années 1970, d’abord ceux situés rue des Canonniers puis, ceux rue du Neuhof, car certains bâtiments étaient occupés par des commerces.

Construction1

Date 1972
Architecte Charles Gustave Stoskopf
Walter Oehler
Maître d'ouvrage OPHLM de Strasbourg


Le terrain est racheté à la Ville par l’Office HLM.

En 1969 l’Office Public d’HLM projette l’édification d’un nouveau programme d’habitat social.

Dans le dossier d’archives on trouve des plans datés du 19 décembre 1969. Les architectes sont Charles-Gustave Stoskopf et W. Oehler. D’après les plans, le programme comporte le même nombre de logements, soit 192, répartis dans 4 bâtiments comportant 4 à 7 étages. Un magasin « Coop » était également prévu à l’angle de la rue des Canonniers et de la route du Neuhof.

Nous n’avons pas consulté le dossier d’archives concernant les nouvelles constructions, mais une consultation sur le terrain permet de visualiser que les bâtiments prévus par l’agence de Charles-Gustave Stoskopf ont été réalisés. Selon le Guide découverte du Neuhof édité par la Ville, les bâtiments dateraient de 19724.

Dans sa thèse sur l'architecte Charles Stoskopf, l'historien de l’architecture Gauthier Bolle mentionne ce programme. L'architecte d’opération est R. Meyer. On y trouve aussi une cote des archives du Bas Rhin permettant de consulter les plans6.

Restructuration

Date 1990
Architecte Francis Bozzi


Selon le Guide découverte du Neuhof édité par la Ville, la cité a été restructurée en 19904.

Dix logements ont été supprimés, permettant d'installer une école au centre de l'îlot. Pour compenser la suppression des logements, un bâtiment a été rajouté, à l'angle de la rue des Canonniers et la rue de Gribeauval (ce bâtiment porte le n°18 rue des Canonniers)7. Ce bâtiment, contrairement aux autres de la cité, possède des balcons saillants. Il a permis aussi de supprimer deux pignons aveugles et de donner une nouvelle esthétique à l'ensemble4.

Références

  1. a b et c Archives de Strasbourg et de l'Eurométropole - Cote 635W99
  2. a et b « Acier ou aluminium ? Les incidences du choix des matériaux sur la production de maisons industrialisées » in Cahiers d'histoire de l'aluminium, 2008, Karine Thilleul, page 79, Voir en ligne [archive]
  3. L'usine « Fillod » se trouvait à Florange, en Moselle
  4. a b c d et e Guide découverte du Neuhof (brochure-dépliant), 2002, légende n°38
  5. Neuhof, Un village aux portes de Strasbourg, page 75, édition Coprur, 1996
  6. Un acteur de la scène professionnelle des Trente Glorieuses, de la Reconstruction aux grands ensembles : l'architecte alsacien Charles Stoskopf (1907-2004) [archive], par Gauthier Bolle, sous la direction de Anne-Marie Châtelet, thèse soutenue en 2014, Annexes, page 137. La Cote des Archives Départementales citée est ADBR 67J1089
  7. Google Street View [archive], consulté le 25/05/2023

Lien externe

  • Cité Fillod [archive], des photos sur ce site permettent de se rendre compte à quoi pouvaient ressembler ces constructions métalliques