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19 Boulevard de l'Orangerie (Strasbourg)

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19 Boulevard de l' Orangerie

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Date de construction 1909
Architecte Samuel Landshut
Structure Maison

Date de transformation 1929

Date de rénovation 1949
Architecte Tim Helmlinger

Date de rénovation 11/8/1958

Date de rénovation 1977

Date de ravalement 2006
Il n'y a pas encore d'actualités sur cette adresse


Construction1

Date 1909
Architecte Samuel Landshut


L'immeuble du 19 boulevard de l'Orangerie est un bel exemple de style post-Art nouveau à Strasbourg dû à l'architecte Samuel Landshut.

Petit historique

Il convient de préciser d'emblée que ce dernier a construit ici trois maisons contiguës : le 19, le 20 et le 20a. Les n° 19 et 20a, de style post-Jugenstil, quasi jumelles, mais symétriques, encadrent le n° 20, d'un style néo-XVIII e siècle, complètement différent des deux premières. Le résultat est étonnant, au point que l'on soupçonnerait l'intruse d'avoir été reconstruite après-guerre, ou au contraire, comme l'écrit le Dictionnaire historique des rues de Strasbourg2, qu'elle a été construite avant les deux autres (1904). Cette dernière affirmation est cependant contredite lorsqu'on consulte les dossiers de la Police du Bâtiment. Ceux-ci sont formels : les trois maisons ont bien été construites toutes les trois en 1909 et conçues par le même Samuel Landshut, qui parle de trois maisons monofamiliales ("Drei Einfamilienhaüser "). Les avait-il destinées à ses trois enfants qu'il a eu avec son épouse Susette Cohn (Paula, Laure et Siegfried Landshut, nés respectivement en 1892, 1893, et 1897) ?

Samuel Landshut était né le 8.2.1860 à Neumark (Prusse occidentale -actuellement Pologne). Arrivé d'Aix-la-Chapelle à Strasbourg le 15.6.1889, et après avoir connu avec sa famille plusieurs adresses successives, celle-ci finit par habiter durablement après 1900 dans un immeuble qu'il s'est fait construire au n° 14 rue du Général Gouraud (à l'époque : Postrasse 14 ). Ses autres immeubles remarquables à Strasbourg sont le 87 avenue des Vosges, le 11 rue du Général Gouraud (qui fait face au 14), le 18 rue Auguste Lamey, le 3 quai de Paris et le 25 rue du Vieux-Marché-aux-Vins. Il meurt prématurément à Strasbourg le 1.2.1919 dans sa 59 ème année. Aucun de ses enfants n'habitera finalement les trois maisons du boulevard de l'Orangerie. La première maison cédée par la famille est le n° 20a, mais les n° 19 et 20 resteront la propriété de la veuve de Samuel Landshut jusqu'à son décès à Paris en 19423,4,1.

Description de la maison

Le permis de construire du n° 19, boulevard de l'Orangerie date du 30.1.1909 et l'immeuble fut achevé le 30.9.1909. Les plans détaillés de l'architecte permettent de décrire cette maison plus en détail.

- le niveau du sol est appelé, par convention, "Keller" (cave), mais il se situe en réalité au niveau du sol. De la grande porte d'entrée, on débouche en effet, sans changer de niveau, sur un espace d'accueil appelé "vestibule" sur le plan. Celui-ci conduit : à gauche, à un long couloir longitudinal permettant le passage de l'entrée jusqu'au jardin, et : à droite, à un escalier spacieux menant les hôtes à l'étage supérieur. Un autre escalier circulaire permettait par ailleurs d'accéder à l'étage supérieur pour les familiers de la maison, ou pour ceux qui travaillaient à la cuisine. On trouve en effet au niveau du sol une cuisine ("Kueche") et sans doute une sorte de garde-manger ("Kammer"), ces espaces profitant de la fraîcheur, avant l'invention des réfrigérateurs. Difficile au contraire de deviner à quel usage étaient destinés les autres espaces, sur la droite et à l'avant de ce niveau, sinon peut-être au stockage et au rangement.

- le premier niveau est appelé par l'architecte "Hochparterre" (sorte de rez-de-chaussée surélevé), et comprend, en partant du fond (côté jardin), une "Speisesaal" (salle à manger) spacieuse d'environ 38 m2, avec accès au jardin de la propriété après un petit balcon par un escalier central. Le "Speisesaal" est précédé d'une "Anrichtsküche" (sans doute une cuisine où les plats déjà prêts à être servis sont disposés à être acheminés grâce à un passe-plat vers la salle à manger). L'escalier circulaire intérieur, déjà évoqué, passe à proximité et permet de monter au niveau suivant. A droite de la cuisine il y a un vaste espace appelé "Diele" (plancher, espace vide ?). On peut l'imaginer comme un hall éclairé grâce à une verrière qui le surplombait (sur le plan, elle est de forme ovale). Hormis des toilettes, on trouve encore à ce niveau, côté rue, deux grandes pièces, appelées respectivement "Herrenzimmer" et "Damenzimmer", ce qui reflète bien les habitudes sociales de l'époque. Ces deux pièces ont vue sur rue et sur le Parc de l'Orangerie. On accèdait au salon des Messieurs par un petit escalier, bordant une "Garderobe", cette pièce constituant une avancée sur la rue, par rapport au reste de l'immeuble. Les Dames accédaient à leur espace, sans changer de niveau, depuis le hall de la maison, et bénéficiaient d'une pièce plus vaste que les Messieurs, ainsi que d'une grande ouverture vitrée semi-circulaire donnant sur un balcon.

- le deuxième niveau est appelé par l'architecte "Erstergechoss" (1er étage) et comprend 4 chambres, réparties deux par deux, côté rue et côté jardin, entre lesquelles on trouve un espace appelé "Gallerie" bordant, semble-il, la verrière ovale déjà évoquée, au-dessus du hall. Mentionnons aussi l'escalier circulaire menant à ce niveau, et la couverture, également vitrée, de la cuisine contiguë à la salle à manger, apportant l'unique source de lumière de ce local. L'une des chambres sur rue, celle pourvue d'une petite avancée sur la rue, est dotée d'un bain et de toilettes ("Bad Toilette"). Les deux chambres côté jardin sont pourvues, quant à elles, d'armoires intégrées ("Schränke"), et d'un accès à un petit balcon.

- le troisième niveau appelé "Dachgechoss" permettait d'accéder, toujours par l'escalier circulaire, à deux chambres côté rue, dont l'une d'elle était pourvue de toilettes et d'armoires ("Schränke"), et l'autre d'un réduit ("Kammer").

Aménagement d'un garage1

Date 1929

En 1929 , il est procédé à l'aménagement d'un garage à la demande d'un employé de banque qui y habite. Les travaux sont confiés aux entrepreneurs P. Guri et E. Meyer.

Rénovation et transformation1

Date 1949
Architecte Tim Helmlinger


En 1949 l'architecte Tim Helmlinger achète la maison aux héritiers de la veuve de Samuel Landshut, et procède à de profondes transformations.

Celles-ci concernent à la fois la toiture, l'aménagement de nouvelles chambres qui sont créées au dernier niveau côté jardin, l'aménagement d'un vaste escalier dans l'ancien hall menant du deuxième au troisième niveau (l'escalier circulaire des deux premiers niveaux étant supprimé).

Et enfin, la transformation la plus visible depuis la rue, à savoir l'ouverture d'une grande baie vitrée au deuxième niveau, en remplacement des trois ouvertures initiales. Cette transformation étant motivée par l'installation de son bureau strasbourgeois dans cette pièce lumineuse donnant sur le parc de l'Orangerie.

L'immeuble jumeau symétrique du n°20a boulevard de l'Orangerie reflète sans doute encore aujourd'hui l'état original. Une autre transformation minime concerne la ferronnerie au-dessus de la porte d'entrée, mise au goût du jour des années 50. Là encore il semble que l'état du n° 20A reflète mieux l'original post-Art nouveau.

Réparations en urgence sur le toit

Date 11/8/1958

Après l'orage de grêle qui s'est abattu dans la soirée sur Strasbourg le 11.8.1958, il a fallu réparer en urgence ce qui pouvait l'être, et parfois, comme ici, jouer l'ouvrier et monter sur le toit. Mais en raison de l'importance du sinistre sur une maison pourvue de nombreuses parois vitrées, il n'a pas été possible par la suite de s'économiser la visite de "vrais ouvriers"...

Rénovation1

Date 1977

En 1977 l'immeuble est revendu par la famille de l'architecte et le nouveau propriétaire transforme à nouveau la baie vitrée en un ensemble de fenêtres plus proche du style original de l'immeuble.

Ravalement

Date 2006

En 2006 l'immeuble est crépi à neuf.

Vues actuelles de la maison

Date 2018

Voici trois vues actuelles de la maison.

Références

  1. a, b, c, d et e Archives de la ville et de l'Eurométropole (Bibliothèque) - Cote 886W103
  2. Dictionnaire Historique des Rues de Strasbourg (Livre), éd. 2002, page 181
  3. Annuaires de Strasbourg
  4. Fichier domiciliaire de Strasbourg, 602MW420

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Wilfred HELMLINGER

28 months ago
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Je tiens à préciser que je n’avais pas revu l’intérieur de la maison depuis 1977, et que j’étais donc stupéfait de découvrir les transformations entreprises par les propriétaires successifs… C'est à peine si je reconnais les espaces qui ont fait l’objet de photographies, mais je suppose que l’agence immobilière tient à montrer les espaces les plus attrayants, et qui ont donc fait l’objet du maximum de rénovation.

Comme on peut le voir en regardant l’historique de la maison, c’est mon père qui est à l’origine de l’escalier en chêne qu’on voit sur une des photos de l’agence. Je n’ai malheureusement jamais eu l’idée de le photographier moi-même à l’époque. Dommage. Mais j’ai retrouvé deux jolies photos du grand séjour donnant sur le jardin que je partage volontiers (car le site immobilier ne propose pas de photographie de ce séjour).

Baptiste RIVIERE

28 months ago
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Photos intérieures ici: http://pyram...-strasbourg/ [archive]